Il fallait s’y attendre vu l’ampleur du dossier ! La tâche des enquêteurs n’est pas mince en effet, et ce délai laisse un peu de temps aux retardataires pour aller questionner, s’insurger, s’opposer au projet sur les registre de l’enquête publique (voir ici où et quand on peut s’y rendre).
Les citoyens se posent beaucoup, beaucoup […]
mardi 13.10.2009 - La Voix du Nord
Lors du conseil municipal de Grande-Synthe ce soir, majorité et opposition, à l’unanimité, ont voté contre le projet d’implantation du terminal méthanier prévu au Clipon au port ouest de Dunkerque.
Le maire (PS) Damien Carême a détaillé les raisons de ce refus. Selon lui, “il faut réorienter notre développement économique […]
Des rejets de dioxine supérieurs à la norme ont été constatés, début juillet, au CVE.PHOTO: J.-C.BAYON
| DUNKERQUE |
Le centre de valorisation énergétique (CVE) de Dunkerque, inauguré en janvier 2008, se voulait exemplaire : sur la valorisation des déchets, sur l’impact environnemental des rejets, sur la transparence. C’est raté.
Les […]
Cet aprés midi vers 18h20, un incendie s’est déclaré dans les abords immédiats de CashMétal (un peu plus d’un an aprés le dernier en juin 2008).
Les DPC (dépots de Petrole Cotier) et Unican n’étant pas loin, quelques dizaines de metres tout au plus, les services de sécurité ont bloqué la chaussée des darses…
Il fallait s’y attendre vu l’ampleur du dossier ! La tâche des enquêteurs n’est pas mince en effet, et ce délai laisse un peu de temps aux retardataires pour aller questionner, s’insurger, s’opposer au projet sur les registre de l’enquête publique (voir ici où et quand on peut s’y rendre).
Les citoyens se posent beaucoup, beaucoup […]
APPEL à PARTICIPATION à ENQUETE PUBLIQUE
à propos du
Projet de terminal méthanier au Clipon
Ce projet amènerait un 14ème site SEVESO seuil Haut sur le littoral dunkerquois
et porterait atteinte au patrimoine naturel
L’enquête publique se déroulera du 7 octobre au 6 novembre 2009 inclus
La consultation des citoyens doit permettre au préfet de disposer de tous les […]
Il fallait s’y attendre vu l’ampleur du dossier ! La tâche des enquêteurs n’est pas mince en effet, et ce délai laisse un peu de temps aux retardataires pour aller questionner, s’insurger, s’opposer au projet sur les registre de l’enquête publique (voir ici où et quand on peut s’y rendre).
Les citoyens se posent beaucoup, beaucoup de questions, le plus souvent fondées sur des craintes réelles, et vous trouverez ci-après une sorte de “compil” des questions qui ont été entendues pendant les débats, et dont les réponses apportés par les maitres d’oeuvre n’ont jusqu’alors pas du tout satisfait les citoyens.
C’est ce qu’il était évident de constater lors de la séance publique à Loon plage le 06 octobre dernier, où aucune prise de parole dans la salle ne fût favorable au projet !!!
Questions de portée générale, sur l’opportunité du projet :
Est-ce qu’avec le risque de perte de taxe professionnelle, les collectivités territoriales ont encore intérêt à se battre pour accueillir des installations aussi lourdes sur leur territoire et aussi peu créatrice d’emploi ?
On promet de nombreux emplois pendant la durée du chantier, mais une fois terminé les travaux que vont devenir ces travailleurs, quelles perspectives après ce chantier ? Il ne s’agit pas là d’emplois durables !
Est-ce que ce projet répond à un réel besoin en matière d’approvisionnement énergétique, alors qu’en Europe se développe autant de moyens d’approvisionnement en gaz (terminaux méthaniers que l’on dit sous-exploités, gazoducs en provenance de l’est dont la Russie qui augmente ses capacités d’exportation gazière ?
Pourquoi continuer dans l’importation d’énergie fossiles, non renouvelables et qui crée une dépendance à l’égard de pays tiers et alors que l’on pourrait amplifier nos moyens de production d’énergies renouvelables, non délocalisables et créatrices d’emplois ?
Est-ce qu’un terminal méthanier qui importe une énergie fossile et ayant une durée de vie de 50 à 70 ans est un projet pouvant s’inscrire dans le développement durable ? Que deviendra ce site alors ? Les exploitants auront-ils les moyens de remettre les lieux dans leur état d’origine alors qu’ils seront confronté déjà au démantèlement de leurs installations nucléaires ?
Risques technologiques :
Pourquoi le risque de malveillance ou d’attentat terroriste n’est jamais pris en compte dans les études de dangers ?
Pourquoi seule la chute d’un cesna (petit avion de tourisme) est-elle prise en compte et pas le détournement d’un avion de ligne que l’on précipiterait sur les installations projetées et/ou sur le CNPE le plus grand d’Europe ?
Le risque sismique - récemment réactualisé chez nous - est-il suffisamment pris en compte et le terminal est-il calibré pour résister à un tel séisme ?
Un seul accès terrestre via le pont de l’écluse des Dunes et sous les vents dominants, est-ce suffisant pour les secours ? Peut-on prendre au sérieux l’idée de faire débarquer les secours par barges, par voie maritime ? Est-ce raisonnable en cas de forte tempête et en phase accidentelle ?
Est-ce que cette hypothèse a été validée par le SDIS (services de secours), y a t-il une « doctrine » sur ce point ou d’autres exemples ailleurs en France ?
Est-ce qu’une explosion de nuage de gaz GNL peut se produire à l’extérieur du site du terminal lorsque les conditions météo sont les plus défavorables (vent très faible et phénomène d’inversion de température formant couvercle au dessus du nuage de gaz) ?
Les ruptures des bras de déchargement peuvent elles entraîner des déflagrations qui endommageraient les méthaniers à quai et/ou provoquant un incendie à bord ?
En cas de fuite de méthane liquide à - 160° dans l’eau de l’avant port beaucoup plus chaude, cela peut il créer une « explosion froide » du fait du choc thermique et avec quelles conséquences sur le méthanier à qui, sur la prise d’eau du CNPE ?
Connaît-on les nouveaux cercles de danger liés au PPRT des appontements pétroliers (APF) tout proches ? Impactent-ils les installations gazières projetées ? Quels seraient l’impact d’une explosion survenant aux appontements pétrolier au moment où le méthanier évolue dans l’avant-port ?
Le risque d’effets thermiques est-il exclu en cas d’accident sur le terminal et vis à vis de la centrale nucléaire, de ses travailleurs, ou des autres installations voisines tel le terminal Ferry ?
Pourquoi le dossier n’aborde-t-il pas la pose de la canalisation de GRT-Gaz, qui fera l’objet d’une autre procédure d’enquête publique plus tard ?
La présence d’industries SEVESO ne va-t-elle pas gêner le parcours de cette canalisation GRT-Gaz ? Quel en sera le tracé ?
Impact sur le CNPE (centrale nucléaire) :
Pourquoi implanter des industries à risques auprès des sites nucléaires ? Ne vaudrait-il mieux pas les sanctuariser plutôt que d’ajouter du risque au risque et de compliquer la situation ?
Pourquoi ne dispose-t-on pas dans ce dossier de l’avis de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) seule compétente en la matière ?
Il est question de creuser un tunnel d’amenée d’eaux chaudes issues de la centrale nucléaire, cela ne risque-t-il pas de fragiliser le sol et le sous-sol situé dans l’emprise du CNPE ?
Pourquoi le dossier d’enquête publique ne comporte-t-il pas de coupes géologiques plus précises que le simple schéma présenté ? Dispose-t-on de l’avis éclairé d’un hydrogéologue agréé auprès du Préfet ? Ni de l’avis de l’IRSN, appui technique de l’ASN ?
En France, il n’existe aucun retour d’expérience concernant les interactions entre un CNPE et des installations gazières vu qu’il s’agit là d’une première ! Comment établir des scenarii réalistes en cas d’accident ?
Y a-t-il un risque toxique, en particulier d’anoxie, pour le personnel du CNPE ?
En phase « chantier » :
Les ouvriers travaillant sur le chantier de construction du terminal seront-ils bien protégés en terme de prévention et vis à vis du risque d’émissions radioactives depuis le CNPE ? Disposeront-ils de comprimés d’iode ? Y aura-t-il des espaces de confinement ?
Ce chantier va générer des nuisances en terme d’augmentation du trafic routier (VL et poids lourds), certains axes de circulation devraient recevoir + de 30% d’augmentation, quel en sera l’impact pour les riverains qui empruntent ces routes ?
Y a-t-il un plan de circulation particulier mis en place pour la durée du chantier ?
Risques de submersion marine :
La plate-forme portuaire du terminal méthanier sera-t-elle étudiée pour résister aux risques de montée des eaux de mer et de submersion marine ? et ce dans les conditions les plus défavorables avec marée exceptionnelle et tempête conjuguée, à l’instar de ce qui a été réalisé par le CNPE pour ces défenses de côtes ?
Nature - biodiversité :
Y a-t-il obligation de résultat en matière de compensation environnementale, de déplacements d’espèces et d’habitats, au titre de l’arrêté préfectoral du 31 juillet 2009 ?
Les travaux ne pourront être entamés qu’après validation par la DREAL du rapport démontrant l’effectivité des opérations de déplacements d’espèces protégées selon l’article 6 de l’arrêté préfectoral du 31 juillet 2009, et si ce rapport n’est pas valide, que se passe-t-il ? Ya-t-il report du démarrage du chantier ?
Nous allons perdre un espace naturel essentiel sur l’ouest dunkerquois, quelles compensations pour les usagers de ce site naturel : promeneurs, estivants, amoureux de la nature ?
Ceux qui avaient l’habitude de fréquenter les dunes du Clipon vont-ils se déplacer sur le seul espace littoral disponible sur l’ouest dunkerquois, à savoir les plages qui longent la digue du Braek, ce qui amènerait un surcroît de population dans des zones souvent inclues dans les cercles de danger liés aux PPRT d’Arcelor-Mittal ou de Poliméri ? La réglementation relative à l’accès à ces zones à risque ne va-t-elle pas être moins permissive dans l’avenir ?
Si des dérogations de circulation seront accordés aux ornithologues membres d’associations ou aux scientifiques, est-ce que le grand public qui pouvait jusqu’alors être invité à participer à des observations ne se verra pas privé de cette faculté ?
A-t-on pris en compte le projet de classement en zone « Natura 2000 » de l’espace maritime situé face à notre littoral ?
L’impact des rejets en mer des boues de dragages n’est il pas sous-estimé ? Quel impact réel sur la faune marine ?
Quel impact à long terme sur l’évolution du trait de côte ? Une thèse devrait être entamée sur ce sujet mais le chantier sera lancé avant les conclusions de cette thèse. Pendant combien de temps va-t-on réensabler le cordon littoral ? Avec quel sable à long terme ?
Risques nautiques et maritimes :
En cas d’accident maritime dans le détroit du Pas-de-Calais - détroit le plus fréquenté du monde - entre un méthanier et un autre navire, pouvant contenir des produits dangereux (pétroliers, vraquiers avec produits chimiques, navire transportant des déchets nucléaires…), a-t-on mesuré tous les risques ?
Si un méthanier est endommagé à l’occasion d’un accident dans le détroit, existe-t-il des zones refuges pour abriter le méthanier en difficulté ? Dans quelle mesure peut-on encore accepter qu’il entre dans l’avant port s’il est victime d’une avarie ?
Ne va-t-on pas pénaliser le trafic portuaire par des contraintes supplémentaires dues aux servitudes nautiques au moment de l’entrée des méthaniers dans l’avant-port ? Cela ne risque-t-il pas de dévier certains trafic dans des ports plus accessibles ?
Compensations pour les usagers sportifs du site :
Lors du débat public qui s’était tenu en 2007, il avait été question de compensations pour la pratique sportive qui existe sur le site du Clipon, particulièrement sécurisant pour les véliplanchistes et Kite-surfeurs, or on ne trouve que peu d’engagements pour remplacer cette perte d’un « spot » nautique. Va-t-on créer un plan d’eau de remplacement à l’intérieur des terres, avec quel financement ? Comment va-t-on compenser la perte d’un site réputé qui accueillait des gens qui venaient de partout et participaient à l’attractivité touristique du territoire ?Les pêcheurs à la côte vont perdre une partie de leur littoral, c’est là une entrave à l’exercice de leur pratique et souvent un coup porté aux traditions et usages locaux. Quelle compensation pour les pêcheurs de loisir ?
Des rejets de dioxine supérieurs à la norme ont été constatés, début juillet, au CVE.PHOTO: J.-C.BAYON
| DUNKERQUE |
Le centre de valorisation énergétique (CVE) de Dunkerque, inauguré en janvier 2008, se voulait exemplaire : sur la valorisation des déchets, sur l’impact environnemental des rejets, sur la transparence. C’est raté.
Les associations environnementales du Dunkerquois ont eu vent, il y a quelques jours, des résultats d’un contrôle inopiné réalisé au CVE le 30 juin et le 1er juillet derniers. Les analyses ont révélé « un dépassement significatif » (de près de 100 % !) de la norme fixée par le préfet en matière de rejet de dioxine. Problème : la commission locale d’information et de surveillance (CLIS) n’a pas été mise au courant. Inquiètes et en colère, les associations sont montées au créneau. « Depuis combien de temps ces rejets polluants durent-ils ?
s’interroge Antoine Bonduelle, membre du réseau Action Climat France, qui rappelle que les contrôles n’ont lieu que deux fois par an.
On est pourtant dans une ville où la confiance dans les installations classées est essentielle ! » En face, élus locaux et services de l’État se défendent d’avoir dissimulé quoi que ce soit. Pour Roméo Ragazzo, vice-président de la communauté urbaine en charge de l’environnement, « les choses ont eu lieu en plein été et notre premier souci était de comprendre ce qui se passait. » Même réaction du côté de la DREAL (ex-DRIRE) : « dès réception du rapport, début août, nous avons mis en demeure la CUD de rectifier cette non-conformité dans un délai d’un mois », relate Frédéric Modrzejewski, responsable pour le littoral. Les travaux ont été effectués dans la foulée (des tuyaux obstrués ont été purgés) et les rejets de dioxine sont finalement rentrés dans les clous, fin août. « On a été réactif, on a géré le problème technique. Je ne pense pas qu’on aurait pu faire mieux », poursuit-il. Informer la CLIS, peut-être ? « L’arrêté préfectoral ne prévoit pas une communication à chaud », rétorque-t-il, ajoutant que l’incident sera présenté et débattu lors de la prochaine réunion de la CLIS, d’ici la fin de l’année.
Les associations sont effarées. « On est devant un problème de transparence, martèle Jean Sename, président de l’Adelfa. Pour moi, il y avait matière à informer les riverains et les instances de surveillance. Sinon, à quoi servent-elles ? Une règle a été transgressée. Je ne vois pas pourquoi, en matière d’environnement, on dit que ce n’est pas grave sous prétexte que le problème est réglé. » Roméo Ragazzo esquive l’accusation et promet « d’améliorer l’information du grand public mais de manière régulière, pas seulement quand il y a des incidents. » Encore faudrait-il communiquer aussi en cas de problème. •
Lors du conseil municipal de Grande-Synthe ce soir, majorité et opposition, à l’unanimité, ont voté contre le projet d’implantation du terminal méthanier prévu au Clipon au port ouest de Dunkerque.
Le maire (PS) Damien Carême a détaillé les raisons de ce refus. Selon lui, “il faut réorienter notre développement économique vers le tertiaire pour ne plus dépendre uniquement de l’industrie lourde. Nous refusons d’ajouter du risque au risque avec l’implantation d’un quatorzième site Seveso sur le littoral.” De plus, le terminal méthanier ne créerait que 70 emplois directs alors que, d’après lui, “des centaines d’autres emplois ne se créeront pas” si le projet va à son terme.
Dunkerque LNG et le Grand port maritime, les maîtres d’ouvrage du terminal ont dû se poser d’innombrables questions avant de présenter leur dossier à l’enquête publique
Quelque 80 personnes ont assisté au débat public organisé par la ville de Loon-Plage, débat marquant le départ de l’enquête publique la plus attendue de l’année.
Parmi elles, de nombreux citoyens ordinaires, habitants de la commune désireux de s’assurer que leur sécurité sera assurée, ou des Dunkerquois lambda cherchant à mesurer l’impact d’un tel projet. Résultat, un exercice de style, alliant rigueur et pédagogie auprès de personnes plus ou moins initiées, pour Dunkerque LNG, la filiale d’EDF pour ce projet de terminal méthanier, et le Port de Dunkerque. Ensemble, ils ont dû éviter les pièges.
La sécurité est-elle assurée ?
« Le seul accès routier, c’est par l’écluse des Dunes. Avec des vents d’ouest qu’on prendrait dans le nez ! » : l’ancien capitaine des pompiers loonois, Francis Lemoine, est toujours bouillant, pointant les conséquences d’un flash over, ou le risque thermique en cas d’incident.
Mais « tous les dangers ont été étudiés » assure Sylvain Ringot, directeur technique de Dunkerque LNG. C’est un fait, l’étude de danger est la partie la plus volumineuse du dossier soumis à enquête. L’accident le plus improbable, jamais vu (et que personne n’espère voir évidemment), est par exemple détaillé à travers 15 pages d’analyse. Il s’agirait de la rupture simultanée des quatre bras de déchargement reliant un bateau aux cuves du réservoir. « Dans ce scénario, le pire, le périmètre de sécurité, avec des effets mortels, serait de 1100 mètres autour du site ». Loin des habitations et des entreprises les plus proches donc, ce qui balaye d’après EDF les éventuels effets “dominos” (l’accident de l’un qui touche l’autre, etc).
Quant aux accès, « on travaille avec les pompiers pour un accès maritime par l’ouest, avec une barge de transport capable d’emmener quatre camions de 25 tonnes en moins de 15 minutes. », poursuit Sylvain Ringot. Spectaculaire, risqué, mais pas impossible. Toujours est-il que, dans le dossier soumis à l’enquête, on peut lire que « Dunkerque Port et le SDIS (le commandement des pompiers) conviennent que le pont de l’écluse des Dunes est considéré, d’un point de vue d’une éventuelle intervention, comme un pont fixe ». Un petit arrangement avec la réalité.
Quant à la sûreté du site, elle est “garantie EDF”. « On travaille avec les experts qui oeuvrent sur la sûreté nucléaire de notre parc. EDF ne prendrait jamais le risque d’installer un danger à côté de la centrale de Gravelines », convainc Marc Girard, directeur général de LNG.
Pour autant, les associations écologistes demeurent sceptiques : « il faudrait sanctuariser les centrales au lieu d’enrichir leur environnement d’usines Seveso », dénonce Nicolas Fournier des Amis de la Terre. Qui regrette aussi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne rendra son avis sur ce voisinage “centrale/terminal méthanier” que fin 2010, alors qu’un tunnel (3 mètres de diamètre, 5 km de long) reliera les deux sites pour récupérer les eaux chaudes de la centrale. Toutefois « le tunnel n’est pas dans le sable, mais dans l’argile, à - 40 mètres », rassure Sylvain Ringot.
Et le trafic ?
Pour éviter le moindre risque, le méthanier doit bénéficier d’un “boulevard” sans croiser personne de près. On peut alors imaginer des perturbations avec le trafic des ferries notamment. Michel Moal, commandant du Port, rassure : « le trafic du port ne sera arrêté que de 20 à 30 minutes, le temps de la manoeuvre du méthanier ». Sachant qu’un méthanier pourra “attendre son tour” au large, n’étant pas spécialement pressé : 12 à 20 heures sont nécessaires pour décharger de tels mastodontes, alors un quart d’heure de plus ou de moins…
Le trafic routier sera lui aussi concerné pendant le chantier : le dossier chiffre en efffet à 35 000 les camions qui rejoindront le terminal pendant trois ans. Sur le papier, les maîtres d’ouvrage indiquent aussi qu’ils “inciteront” au transport maritime, pour que des barges de 2000 tonnes remplacent une noria de camions de 14 à 25 tonnes. Mais en définitive, ils estiment que leur trafic se glissera dans le trafic actuel : +2,5% de trafic sur l’A16, +6% sur la RN1, et +9% sur la rocade N316 (à la sortie de l’autoroute en direction de Loon-Plage).
La plage abandonnée
Autour du terminal sera délimitée une zone d’interdiction de 500 mètres totalement interdite d’accès. Un moindre mal pour Sylvain Ringot : « 500 mètres sur 10 km, cela représente une partie limitée de la plage du Braek ». « Mais la plage sacrifiée est la plus belle et la plus riche en diversité du Nord », objecte Olivier Leroux, de la Surfrider Foundation.
EDF reconnaît aussi que « si on met une zone de sûreté autour du site, c’est qu’on est conscient qu’il peut arriver quelque chose ». C’était même une condition sine qua non pour que le dossier soir accepté, apprend-on à la lecture du dossier d’enquête publique. Dans cette zone de protection au nord et à l’est du terminal, trop d’accidents graves restaient envisageables.
Le projet n’est-il pas dépassé ?
Après le Grenelle de l’Environnement imposant des efforts pour les énergies renouvelables, n’est-il pas étonnant d’investir dans le gaz, énergie fossile ? « L’opportunité du projet a été confirmée par EDF », rétorque Marc Girard. « Demain, il faudra être sobre en énergie, il faut penser à long terme. Et là, on est dans la surconsommation, pas dans le développement durable », conteste Nicolas Fournier.
Sur certains points, ils seront irréconciliables.
C’est ce mercredi 7 octobre que débute un mois d’enquête publique. Un mois pour y voir plus clair dans ce dossier gigantesque, mais aux contours encore mal définis.
C’était le feuilleton de l’automne 2007. Voilà le tome 2. L’installation d’un terminal méthanier sur le littoral dunkerquois, 1,2 milliard d’euros d’investissement et un 14e site classé Seveso dans l’agglomération, avait fait l’objet d’un débat public il y a deux ans.
Une dizaine de réunions avaient été organisées, réunissant les deux porteurs du projet que sont EdF (qui a depuis créé Dunkerque LNG, une structure dédiée à cette opération), et le PAD (que l’on doit appeler désormais Grand port maritime), ainsi que le “grand public”. En l’occurrence, ce sont les associatifs qui avaient constitué le principal répondant. De leur côté, la plupart des élus locaux affichaient plus ou moins ouvertement leur soutien à ce dossier, essentiellement pour ses retombées économiques (2 000 emplois pendant le chantier, 50 emplois directs pour l’exploitation) et fiscales (même si la disparition annoncée de la taxe professionnelle a douché l’enthousiasme).
Depuis, les études se sont poursuivies. Le préfet de Région a délivré cet été le permis de construire. Et on en arrive aujourd’hui à une nouvelle phase importante, l’enquête publique. Une étape attendue avec impatience par l’Adelfa, l’un des leaders du collectif Sauvons le Clipon. Certes, « ce ne sera pas nécessairement décisif », admet Jean Sename, le président de l’association de défense de l’environnement. Mais au moins, des éclairages pourraient être apportées aux nombreuses questions encore en suspens.
« La première chose qu’on ira demander, c’est qui sont les commissaires enquêteurs. On ira les sonder un peu, leur demander s’ils envisagent une réunion publique, et réclamer une prolongation de l’enquête publique ». Car un mois, ça paraît en effet bien court pour décortiquer et ingurgiter la masse de dossiers présentés par EdF et le port. « Une mairie nous a prévenus que cela remplissait une armoire complète ! », sourit jaune Jean Sename, qui imagine l’énergie qu’il faudra déployer pour y voir clair.
“Une légèreté inacceptable”
Car c’est bien là la préoccupation essentielle de l’association. Avoir des infos. Le débat public est un vieux souvenir. Depuis, le SPPPI s’est réuni deux fois seulement, la première pour la question de la localisation du terminal, « mais les dés étaient pipés depuis le début sur ce point», la seconde pour aborder les études de danger d’impact, « plus que succinctes ». Quant au comité de suivi mis sur pied par le sous-préfet, il s’est réuni… une fois. « J’y siège, mais comme témoin passif, il n’est pas possible de parler », regrette Jean Sename. La prochaine réunion est programmée jeudi.
Résultat, « en dépit de nos demandes, trop de points sont encore dans l’ombre, dénonce l’Adelfa. Les Dunkerquois sont mal informés sur ce projet qui nous engage pourtant pour 50 ans. C’est une légèreté inacceptable face à un dossier aussi pesant », parvient à ironiser Elisabeth Gueuret.
A grands renforts de tracts, et de diffusion de sa publication “Grain de sel” (téléchargeable sur internet), l’Adelfa entend donc soulever les points d’achoppement ou les contradictions qui la taraudent encore, de la proximité de la centrale nucléaire à la présence d’un seul accès routier (”pas idéal, pour la sécurité…”), en passant par les risques pour le littoral du creusement de la darse, avec près de 5 millions de m³ de vase qui seront dragués, ou encore les perturbations du trafic maritime. Mais la bascule, selon l’association, pourrait se faire sur la question économique. « On voit une baisse importante de la demande de gaz, avec une forte chute des cours, les experts parlent d’une baisse de 2 à 8%. Et il y a déjà des nombreux projets de terminaux méthaniers, Zeebrugge, Anvers, Rotterdam, la Norvège… ». D’un côté, une demande en baisse et un marché apaisé depuis que le calme est revenu en Russie. De l’autre une offre de sites d’accueil importante. De quoi faire réfléchir EdF à deux fois, lorsqu’il prendra sa décision finale en mars 2010.
Si les porteurs du projet confirmaient leurs ambitions, le combat ne s’arrêterait pas pour autant. « Le tribunal administratif de Marseille a annulé l’autorisation d’exploitation du terminal de Fos-Cavaou, alors que le chantier était terminé ! » rappelle l’Adelfa. Le risque sismique et la proximité d’entreprises Seveso (tiens, tiens…) n’avaient pas été assez pris en compte par GDF/Suez et Total. Résultat, le dossier est paralysé.
Au stade de l’enquête publique, on n’en est évidemment pas là. Mais « on veut mobiliser les gens. On sent que la tonalité est en train de monter », assure l’Adelfa. L’association a déjà recueilli 3 000 signatures sur sa pétition.
Ce projet amènerait un 14ème site SEVESO seuil Haut sur le littoral dunkerquois
et porterait atteinte au patrimoine naturel
L’enquête publique se déroulera du 7 octobre au 6 novembre 2009 inclus
La consultation des citoyens doit permettre au préfet de disposer de tous les éléments nécessaires à son information avant prise de décision
Tout le monde peut participer. L’enquête publique vise à informer clairement le public et à mieux évaluer les impacts du projet de terminal méthanier à Loon-Plage. Deux avis d’ouverture (un par Dunkerque Port et un par Dunkerque LNG/EDF sont parus, par exemple dans le journal Le Phare du 16 sept. 09. Le Tribunal administratif de Lille a nommé 5 commissaires enquêteurs. La commission rendra un avis après avoir examiné les études remises par les maîtres d’ouvrage (EDF et Dunkerque Port), les rapports des services de l’Etat ou de toute institution compétente mais aussi les avis, suggestions et contre-propositions des participants à l’enquête :
Riverains, habitants de l’agglomération dunkerquoise ou d’ailleurs, professionnels de la santé ou de l’aménagement du territoire ou de la mer, industriels, syndicalistes, touristes, promeneurs, vacanciers, chasseurs, ornithologues, pêcheurs, sportifs, amoureux de la nature et des paysages, écologistes ou non, économistes, enseignants, chercheurs, secouristes, célibataires, grands-parents, parents, tous les…
Citoyens !
Comment participer à l’enquête publique (7octobre - 6 nov 09) ?
Par lettre recommandée avec accusé de réception envoyée à la commission d’enquête en mairie de Loon-Plage (Place de la République 59279 Loon-Plage).
Sur place (mairies de Dunkerque, Grande-Synthe, Gravelines, Loon-Plage, Mardyck et Pitgam ainsi qu’en sous-préfecture de Dunkerque) :
Lire le dossier d’enquête publique (plans, résultats d’études, avis des services ou sociétés privées compétents etc.)
Inscrire des remarques dans les registres d’enquête et/ou lui ajouter des documents
Participer aux réunions publiques organisées
Rencontrer les commissaires enquêteurs avec qui vous pouvez discuter :
7 octobre 09 mairie de Loon- Plage de 13h30 à 16h30
8 octobre 09 mairie de Dunkerque de 9h à 12h
14 octobre 09 sous-préfecture de Dunkerque de 13h30 à 16h30
14 octobre 09 mairie de Mardyck de 14h à 17h
19 octobre 09 mairie de Pitgam de 14h à 17h
27 octobre 09 mairie de Gravelines de 14h à 17h
28 octobre 09 mairie de Grande-Synthe de 14h à 17h
6 novembre 09 mairie de Loon-Plage de 13h30 à 17h
Pour le Collectif Sauvons le Clipon, les arguments
ne manquent pas pour que ce projet soit rejeté :
Le risque zéro d’explosion, de fuite, de nuage ou de flaque de méthane, d’accidents terrestre ou maritime n’existe pas. Et le Détroit du Pas-de-Calais concentre 20% du trafic maritime mondial.
Face au changement climatique, l’intérêt économique de ce projet au niveau national et européen n’est pas prouvé, notamment au regard des indispensables économies d’énergies.
Son implantation dans le littoral dunkerquois n’inciterait pas au développement d’entreprises utilisant des énergies renouvelables et aurait un impact négatif pour l’attractivité du territoire.
Cette installation serait-elle compatible avec une nécessaire diversification du trafic maritime de Dunkerque Port ?
Que sera la zone industrialo-portuaire dans 50 ans quand les réserves en pétrole et gaz naturel seront épuisées ou résiduelles ?
Cette implantation augmenterait le risque d’attentats terroristes (non soumis à enquête publique) et de toute façon, les nuisances subies par la population locale.
Ce terminal méthanier serait un site SEVESO seuil Haut avec un seul accès terrestre de secours (par l’Ecluse des Dunes).
Que deviendrait le Clipon, patrimoine naturel du littoral français et européen et milieu de protection de la biodiversité ?
Que deviendrait cette plage ? Où iraient ses usagers ?
Etc.
NB : L’autorisation de permis de construire délivré en juillet 2009 par le Préfet ne préjuge en rien de la décision d’autorisation d’aménagement et d’exploitation. La décision finale d’exploitation reviendrait à EDF qui se prononcerait en mars 2010 en fonction de l’intérêt économique pour cette entreprise à continuer.
Plus d’informations : « Grains de sel n°28 » (ADELFA)
L’enquête publique sur le terminal méthanier à Loon-Plage démarrera le 7 octobre.
Comment se déroule-t-elle ? Quelle(s) différence(s) avec le débat public ?
Débat public d’un côté, enquête publique de l’autre. Sur la forme, on pourrait presque dire : « On prend les mêmes (maîtres d’ouvrage, associations, population) et on recommence ». Sauf qu’après les conclusions rendues par la commission particulière du débat public (CPDP), les maîtres d’ouvrage - EDF et le le port de Dunkerque - ont apporté des modifications (notamment un léger déplacement du site d’implantation), qui tenaient compte des remarques formulées par les participants au débat public.
Quid de l’enquête publique ? Contrairement au débat, dont le président faisait office d’animateur objectif, l’enquête publique, elle, est composée d’un président commissaire enquêteur et de plusieurs commissaires enquêteurs qui auront un mois pour donner un avis sur la pertinence du dossier (ils ont la possibilité de demander un délai supplémentaire de quinze jours). Leurs conclusions seront ensuite remises au préfet, qui rendra une décision finale, en concertation avec les autorités de tutelle (notamment les ministères de l’Environnement et de l’Économie).
Autre différence majeure : si, comme pour le débat public, la population et les associations peuvent participer à l’enquête publique en formulant leurs remarques par écrit, ils auront aussi la possibilité de compulser en mairie (son choix n’a pas encore été établi) l’état d’avancement des dossiers relatifs au projet : le dossier « ICPE » (installations classées pour la protection de l’environnement, soit quelque 5 000 pages !), le dossier « Servitude d’utilité publique » et le dossier du port relatif à la loi sur l’eau. •
Cet aprés midi vers 18h20, un incendie s’est déclaré dans les abords immédiats de CashMétal (un peu plus d’un an aprés le dernier en juin 2008).
Les DPC (dépots de Petrole Cotier) et Unican n’étant pas loin, quelques dizaines de metres tout au plus, les services de sécurité ont bloqué la chaussée des darses…
Le KPWT ou Kiteboard Pro World Tour, se termine actuellement digue des Alliés. Les meilleurs kiteboarders internationaux s’affrontent actuellement dans une ambiance bon enfant et une organisation sans faille, assurée en grande partie par le DFC (Dunkerque Flysurfing Club).
Un seul bémol vient aux oreilles et aux narines du journaliste par le biais de Leander Vyve (vice champion du monde), « Ce qui n’est pas top, c’est l’odeur des usines d’à côté… Mais bon, c’est comme ça, le championnat du monde, c’est différentes conditions, différents endroits. Toutes les étapes ont leur charme. »
Leander est fair play, et place cette caracteristique locale dans la catégorie “charme local”, faudrait en parler à l’office du tourisme qui oublie d’inscrire ce “charme” dont tout les plaisanciers peuvent bénéficier toute l’année !! et gratuitement !
Certains kitesurfeurs ironisent sur place sur ces fumées dont le caractère désagréable trahit la nocivité : “quand ça pu vraiment sur la plage, le vent est “side” (ndlr: parallèle à la plage), c’est une bonne orient’ (ndlr: orientation) , par contre quand toute la daube se casse au large (ndlr : quand les fumées industrielles se dirigent vers la large), alors le vent est “off” (ndlr: le vent entraine les kitesurfeurs vers le large) et là c’est pas top, mais bon, aujourd’hui y’a la sécu (ndlr: bateau de secours)”.
C’est sur cette explication pleine d’allégories que cette visite au KPWT s’acheva sur la solide impression que les riders étrangers qui sont passés par Dunkerque ne seront pas forcemment, de retour chez eux, les “ambassadeurs” que certains eurent espéré…
L’incident survenu dimanche lors d’une opération de déchargement de combustible usé du réacteur n°1 de la centrale de Gravelines a amené nos représentants siégeant au sein de la Commission Locale d’Information (CLI) à demander la réunion en urgence du bureau de cette instance réglementaire.
Cet incident, comme le reconnaissent l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et EDF, est en effet grave. De surcroît, il n’est pas nouveau. Déjà en 1999, un assemblage, qui comporte 264 crayons de combustible nucléaire, était resté accroché aux superstructures intérieures de la cuve dans un réacteur de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Plus récemment, à Tricastin le 8 septembre 2008, ce sont 2 assemblages qui se sont trouvés bloqués en situation périlleuse.
Déclarer, comme l’a fait le directeur adjoint du CNPE de Gravelines que la chute éventuelle de cet assemblage serait sans incidence réelle sur la sécurité des personnels et de la population n’est que pure supputation.
Lors de l’évènement de Tricastin, l’ASN indiquait en effet dans une note du 2 octobre 2008 :
« une éventuellechute (d’assemblage) pourrait avoir deux conséquences : un risque de criticité, à savoir le déclenchement d’une réaction en chaîne incontrôlée, et un risque de relâchement à l’intérieur et à l’extérieur de la centrale de produits de fission gazeux », tout enadmettant que la criticité était peu probable vu la forte concentration de bore dans l’eau de refroidissement. (voir asn.fr)
Dans ces conditions, sauf à ce que l’échelle INES de classement des évènements nucléaires ne soit pas pertinente (ce que pense l’ADELFA), on peut s’étonner qu’EDF ait proposé le classement de cet évènement au niveau 1, c’est-à-dire celui d’un simple écart !
Quoi qu’il en soit, on retiendra que, suite donc à pareil incident difficile à régler, le réacteur 2 de Tricastin avait été indisponible pendant près de 5 mois. Ce qui avait représenté un manque à gagner très important pour EDF. »